Oui, cette question est fondamentale ! Et je comprends que tu te la poses.
Tu vis probablement quelque chose d’inconfortable, déroutant, parfois même inquiétant.
Et je veux te rassurer d’abord sur un point : tu n’es pas la seule dans ce cas !
La douleur à la pénétration existe, elle est fréquente, elle a des causes compréhensibles, et dans la grande majorité des cas, elle se travaille très bien, soit seule soit avec un-e professionnel-le.
Avoir mal à la pénétration ne veut pas dire que ton corps “ne fonctionne pas”, ou que tu n’es pas excitée, ou que tu n’aimes pas ton partenaire. Pas du tout!
Ça veut simplement dire que ton corps envoie un signal. Et il est alors nécessaire d’apprendre à l’écouter sans paniquer.
Réponse Sexologie
La douleur à la pénétration apparaît le plus souvent quand le corps n’est pas assez détendu, pas assez lubrifié, ou en état de protection nerveuse. Les muscles d’entrée se contractent, les tissus ne sont pas prêts, et la pénétration devient inconfortable ou douloureuse. Ce n’est pas volontaire. C’est réflexe.
Ce qui se passe vraiment dans le corps
La pénétration n’est pas juste un geste technique. C’est une réponse complète du corps, qui engage les muscles, le système nerveux, la détente, l’excitation et le sentiment de sécurité.
Pour que ça se passe bien, plusieurs conditions doivent être réunies :
- détente nerveuse
- sécurité émotionnelle
- excitation progressive
- lubrification suffisante
- muscles relâchés
Si un seul de ces éléments manque, le corps peut résister et parfois il résiste fortement. Rappelle-toi que n’est pas un refus conscient. C’est une protection corporelle et totalement naturelle, comme si une partie de toi ne se sentait pas suffisamment en sécurité.
Tu peux consulter l’article suivant pour en apprendre plus : Douleurs, stress et sexualité : quand le corps se protège
Cause fréquente numéro 1 : vouloir aller trop vite
Même avec de l’envie et/ou de l’amour. Même avec de l’excitation mentale.
C’est un fait : Le corps a besoin de temps.
Quand la pénétration arrive trop tôt :
- les tissus ne sont pas prêts
- la lubrification est incomplète
- les muscles restent toniques→ douleur.
La lenteur en sexualité n’est pas un luxe. C’est souvent la solution n°1.
📋 Le corps féminin et le corps masculin ont des différences de rythme. Le pénis peut entrer en érection en quelques secondes. Vulve, clitoris ont généralement besoin de plus de temps. C’est la différence à comprendre et à accepter en priorité.
Pour approfondir, je t’invite à consulter l’article : Douleur à la pénétration, comprendre ce qui se passe dans mon corps
Cause fréquente numéro 2 : excitation mentale ≠ excitation corporelle
Tu peux avoir envie. Être attirée. Être partante. Et pourtant, le corps n’a pas encore basculé en mode ouverture.
Ton excitation physique dépend :
- du système nerveux
- de la respiration
- du relâchement musculaire
- du sentiment de sécurité
Ce décalage entre ton envie plus ‘mentale’ et l’ouverture dans ton corps explique beaucoup de douleurs incomprises.
J’explique plus en détail cette dissociation corps / mental dans les articles sur le contrôle et la réponse sexuelle :
Cause fréquente numéro 3 : tension nerveuse et mode protection
Un corps stressé ferme les zones vulnérables. C’est un réflexe biologique. Il passe en mode alerte :
- tension
- contrôle
- vigilance
- protection→ fermeture pelvienne
👉 Pour permettre à ton corps de revenir à un mode sécurité, tu peux tester la respiration lente en mode cohérence cardiaque par exemple, des exercices de détente et de relaxation comme le scan corporel, et surtout, prendre le temps avec ton partenaire de découvrir ton corps entier, tes zones érogènes autres que ta vulve et ton vagin.
Lorsque tout ton système sera détendu et en confiance, alors seulement, une ouverture « naturelle » et agréable (car c’est le but) sera possible.
Même une petite appréhension suffit parfois à déclencher la contraction.
Quand les muscles se contractent malgré toi
Certaines femmes vivent une contraction involontaire des muscles d’entrée vaginale. Ce n’est ni un choix, ni un blocage “psychologique imaginaire”.
C’est une réponse neuromusculaire.
Quand cette contraction devient systématique, on parle de vaginisme. Ce n’est pas une maladie, c’est un blocage. Et ce blocage se traite très bien avec :
- travail corporel progressif
- désensibilisation douce
- régulation nerveuse
- hypnose somatique
Si une expérience douloureuse a déjà eu lieu
Le corps apprend vite. Parfois trop vite mais c’est pour nous garder en sécurité, toujours. Ton corps n’est pas contre toi! Une expérience de pénétration douloureuse, vécue ou pensée, ou anticipée, ou imaginée, peut suffire à installer une anticipation corporelle :
“ça va faire mal” → contraction → douleur → renforcement du réflexe.
Ce n’est pas dans la tête. C’est dans la mémoire sensorielle.
Et ça se rééduque.
Ce qui n’aide pas (et aggrave souvent)
Forcer, serrer les dents, “tenir quand même”, se dire que ça va passer, culpabiliser, vouloir réussir coûte que coûte…
La douleur renforce la protection. La protection renforce la douleur.
Ce qui aide vraiment
Ralentir franchement
Prends vraiment le temps de ralentir le mouvement. Pas juste un peu. Nettement.
Laisse le rythme devenir plus doux, plus étiré, presque explorateur. Chaque geste devient une sensation à part entière, pas une étape à franchir.
Tu passes d’une logique de “faire” à une logique de “sentir”. Tu privilégies le contact, la respiration, la perception fine du corps.
Moins d’objectif. Plus d’écoute. Moins de performance. Plus de présence.
Redonner la priorité à la sensation
On quitte la logique : “il faut réussir la pénétration” pour entrer dans :
“on explore ce que le corps ressent, étape par étape”.
Tu laisses le contact, la chaleur, la pression, la respiration guider le moment au lieu de viser un résultat précis.
Quand le corps ne se sent plus poussé vers un but, il se détend davantage. Et un corps qui ne se sent pas attendu… coopère beaucoup mieux.
Aider la détente nerveuse
Très efficace, tu peux tester ce qui va le mieux fonctionner pour toi :
- respiration guidée
- relaxation corporelle
- hypnose de relâchement
- audio sensoriel progressif
La détente change directement la réponse musculaire. Tu peux consulter mon programme complet Hypnose et Vaginisme ici.
Utiliser du lubrifiant
Simple. Utile. Intelligent. Ce n’est pas un échec. C’est un outil.
Le rôle du mental pendant la pénétration
Si tu observes ton corps en train de “devoir fonctionner”, tu actives le contrôle. Le contrôle augmente la tension musculaire.
Sur-analyse – surveillance – anticipation – peur de mal faire – peur d’avoir mal
Tout cela freine l’ouverture.
Pour en savoir plus, consulte également mes articles Pourquoi je pense trop pendant le sexe et Trop dans la tête, pas assez dans le corps
Quand demander de l’aide
Tu peux te faire accompagner si :
- la douleur est régulière
- la pénétration reste difficile ou impossible
- la peur augmente
- l’évitement s’installe
- la situation crée de la souffrance
Sexologie, approche corporelle et hypnose donnent de très bons résultats sur ces tableaux.
FAQ Douleur à la pénétration
Est-ce que c’est grave ?
Le plus souvent non. Mais c’est important à écouter.
Est-ce que je dois me forcer pour “habituer” mon corps ?
Non. La douceur rééduque mieux que la contrainte.
Est-ce que ça peut être uniquement nerveux ?
Oui, très souvent.
Est-ce que ça se soigne bien ?
Oui, avec les bonnes approches progressives.


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